Pigment CFO Index T3 2026

Le Pigment CFO Index décrypte chaque trimestre l’évolution de l’incertitude, de la performance financière et de l’IA à partir des réponses de 2 000 responsables financiers aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne.

Publié le 7 octobre 2026

Sommaire

Summary

Points essentiels

  • 83 % des entreprises dépassent leur budget IA, avec des dépenses en moyenne ~27 % supérieures aux prévisions.
  • La confiance dans l’IA reste très élevée : la confiance moyenne dans le ROI atteint 8,2/10, malgré des dépassements de budget généralisés.
  • L’IA transforme les emplois plutôt qu’elle ne les remplace : 32 % ont augmenté les effectifs de leurs équipes Finance grâce à l’IA, contre 20 % qui les ont réduits.
  • 1 entreprise sur 3 réduit déjà ses recrutements pour les postes que l’IA peut prendre en charge, signe que son impact pourrait être plus important sur les futurs postes que sur les emplois existants.
  • Les équipes Finance consacrent ~32 heures par mois au reporting exécutif. Et les équipes les plus matures en matière d’IA y passent en réalité plus de temps, et non moins.
  • Le Royaume-Uni va à contre-courant : 70 % des responsables Finance britanniques déclarent que le changement de gouvernement a renforcé leur confiance, tandis que leurs prévisions de croissance du chiffre d’affaires atteignent 13,2 %.

Nous voici déjà à la fin du 3ème trimestre 2026. Et même si nous n’avons rien connu d’aussi marquant qu’au second trimestre, il y a eu largement de quoi empêcher les directeurs financiers de dormir.

La Fed a relevé ses taux pour la première fois depuis 2023, le pétrole dépasse les 100 $ le baril, et les élections de mi-mandat approchent à grands pas.

Le Royaume-Uni en est à son septième Premier ministre depuis le vote du Brexit, la dette publique française atteint son plus haut niveau depuis 1946, et le gouvernement de Merz traverse une crise en Allemagne.

Parallèlement, les investissements (capex) dans l'IA ont encore augmenté, portés en grande partie par le passage à une tarification à la consommation chez de grands fournisseurs comme Anthropic.

Alors, comment les équipes finance réagissent-elles dans le monde entier ?

Facteurs d'incertitude et réponse aux turbulences

Il n'y a pas un seul facteur d'incertitude dominant au T3. Les 11 facteurs obtiennent tous un score compris entre 2,76 et 2,99 sur une échelle d'impact à 4 points.

Chacun est évalué à un niveau d'impact « modéré » environ, les directeurs financiers ne s'inquiètent pas d'un problème majeur en particulier, ils sont simplement inquiets de manière générale.

Deux listes de facteurs d’incertitude de la planification, notés de 1 à 4, tous proches d’un « impact modéré » (3). En hausse depuis le T2 : qualité des données 2,87 (+0,06), évolutions réglementaires 2,85 (+0,04), alignement interne 2,76 (+0,04), chaîne d’approvisionnement 2,92 (+0,02), évolutions technologiques 2,92 (+0,02), talents 2,81 (+0,02). En baisse : conflits géopolitiques 2,95 (−0,06), menaces concurrentielles 2,79 (−0,04), conjoncture macroéconomique 2,99 (−0,02), coûts de l’énergie 2,94 (−0,02). Les changements de gouvernement ou de politiques publiques, ajoutés au T3, obtiennent 2,84.

Les chocs externes (macroéconomie, géopolitique, concurrence) se sont légèrement atténués, tandis que les pressions internes (qualité des données, alignement stratégique, talents, réglementation) ont toutes légèrement augmenté. Mais les conflits géopolitiques restent le principal facteur d'incertitude à l'échelle mondiale, pour des raisons évidentes.

Par ailleurs, on observe une baisse générale de l'activité de réponse « d'urgence » aux turbulences : ce trimestre a été moins chargé pour les équipes finance.

Graphique à barres des mesures prises par les organisations face aux turbulences, T3 vs T2 2026. Révision des prévisions 51,2 % (−5,1 pts), scénarios supplémentaires 48,2 % (−2,1), réserves de trésorerie renforcées 47,0 % (−0,7), stratégie fournisseurs révisée 22,0 % (−4,6). Nouveau ce trimestre : accélération des décisions stratégiques 42,1 %, accélération des recrutements 29,6 %, report des recrutements 26,7 %, report des décisions stratégiques 20,6 %. Aucune de ces mesures : 2,9 %.

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Performance du chiffre d'affaires, croissance attendue et confiance

La performance du chiffre d'affaires sur l'année écoulée, aux États-Unis comme au Royaume-Uni, est restée résiliente malgré l'incertitude. La France et l'Allemagne sont quant à elles nettement plus pessimistes, toutes deux affichant des baisses par rapport à leurs chiffres du T2.

Le même constat se retrouve dans les chiffres de confiance : nous avons observé une chute spectaculaire des niveaux de confiance (part des répondants se déclarant moyennement ou très confiants quant à l'orientation de leur organisation) aux États-Unis, en France et en Allemagne.

Au Royaume-Uni, en revanche, ce chiffre a progressé de 2,1 points, ce qui en fait désormais le marché le plus optimiste.

Ce déclin se concentre au sommet de la hiérarchie : chez les CFO et Directeurs financiers, la part des « très confiants » a chuté d'environ 9 points, alors qu'elle est restée quasiment stable chez les managers (+0,8).

Ce sont les personnes les plus proches du conseil d'administration, du coût du capital et du compte de résultat global qui ont perdu le plus de confiance, ce qui n'est peut-être pas surprenant au cours d'un trimestre marqué par une hausse des taux et une révision des hypothèses de croissance.

L'effet Burnham, et les élections de mi-mandat qui se profilent

C'est officiel : on observe un « effet Burnham » au Royaume-Uni.

70 % des répondants affirment que le changement à la tête du gouvernement britannique a directement renforcé leur confiance (26 % de manière significative), et seuls 9 % indiquent qu'elle a diminué. Associée aux prévisions de croissance (et au fait que le Royaume-Uni est le seul marché affichant une hausse des investissements prévus dans l'IA), la situation y paraît relativement favorable.

Par ailleurs, les élections de mi-mandat américaines constituent une source d'inquiétude majeure pour les équipes financières du monde entier.

Cette inquiétude est bien sûr la plus forte aux États-Unis (48 % déclarent qu'elle alimente l'incertitude dans leur planification de manière importante, voire très importante), mais ce chiffre atteint 41 % en Allemagne, 34 % au Royaume-Uni et 24 % en France.

Graphique à barres empilées montrant dans quelle mesure les élections de mi-mandat américaines accroissent l’incertitude de la planification, par pays. Part des réponses « dans une large » ou « très large mesure » : États-Unis 48,4 %, Allemagne 41,1 %, Grande-Bretagne 34,3 %, France 24,1 %. Ensemble des répondants : 40,7 %.

Et l'élection française de 2027 pèse déjà sur les plans. Parmi les répondants français, 40 % estiment qu'elle ajoute une incertitude importante ou plus, une proportion qui grimpe à 54 % chez les VP/directeurs financiers.

L'IA est-elle hors de contrôle ?

La plupart des entreprises disposent désormais d'une gouvernance de l'IA

La majorité des entreprises déclarent contrôler leurs outils d'IA de manière centralisée.

Barre empilée unique montrant comment les organisations encadrent les outils d’IA, du contrôle le plus faible au plus fort : aucun contrôle formel 3,9 %, lignes directrices informelles 15,3 %, outils approuvés 25,1 %, gestion centralisée 28,8 %, contrôles complets 26,2 %. Au total, 19 % ont des contrôles informels ou inexistants et 55 % gèrent l’IA de façon centralisée ou complète.

Plus de la moitié (55 %) gèrent de manière centralisée l'accès aux outils approuvés, et 26 % disposent de contrôles complets. Un quart (25 %) ont défini des outils approuvés, et 19 % n'ont que des directives informelles ou aucun contrôle.

Mais une tendance déjà observée lors des trimestres précédents se confirme dans les données : les dirigeants et les managers perçoivent la gouvernance de manière très différente.

Parmi les CFO et Directeurs financiers, 66 % décrivent des contrôles centralisés ou complets, contre 45 % des managers. Un quart des managers (25 %) estiment que la gouvernance est informelle, voire inexistante.

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Il semblerait que les politiques mises en place par la direction ne soient pas encore correctement diffusées au sein des organisations. C'est un problème sérieux, car…

Tout le monde dépasse largement son budget

83 % des répondants affirment que les coûts à la consommation ont fait dépasser leurs dépenses par rapport aux prévisions. Seuls 13 % sont restés dans leur budget, et 4 % ne parviennent pas du tout à mesurer leurs dépenses. Le dépassement médian se situe entre 11 et 25 %.

Cependant, 38 % dépassent leur budget de plus de 25 % et 17 % de plus de 50 %, ce qui porte la moyenne à environ 27 %.

Graphique en colonnes du dépassement des dépenses d’IA par rapport aux prévisions en raison des coûts à l’usage. Pas de dépassement 13,0 % ; 1–10 % 18,1 % ; 11–25 % 26,7 % ; 25–50 % 21,8 % ; 51–75 % 12,3 % ; 75–100 % 3,4 % ; plus de 100 % 0,9 % ; non mesurable 3,8 %. Au total, 83 % dépassent leur budget, 38 % de plus de 25 %, et le dépassement moyen est d’environ 27 %.

On en voit l'impact dans les chiffres d'investissement dans l'IA : la hausse attendue des budgets pour l'année prochaine est passée de 19,1 % à 15,6 %, son niveau le plus bas à ce jour. Fait crucial, ce chiffre est inférieur au dépassement moyen de cette année, un signe clair que la croissance des dépenses en IA a atteint son pic.

Mais ils estiment que cela en vaut toujours la peine

La confiance dans le retour sur investissement (ROI) de l'IA est globalement élevée. Le score moyen est de 8,2 sur 10, 50 % des répondants attribuant une note de 9 à 10, et seulement 12 % une note de 6 ou moins. Cela paraît un peu étonnant, car le « ROI peu clair » constitue un frein de plus en plus important au fil des trimestres.

Graphique en colonnes de la confiance dans la capacité de l’IA à générer un ROI significatif, sur une échelle de 1 à 10. Parts par note, de 1 à 10 : 0,6 %, 0,3 %, 0,9 %, 1,2 %, 3,0 %, 6,2 %, 13,6 %, 24,5 %, 25,0 %, 24,7 %. Les notes 1–6 totalisent 12,2 %, 7–8 38,0 % et 9–10 49,7 %. La moyenne est de 8,2.

Bénéfices et obstacles

Les bénéfices que les équipes finance tirent de l’IA évoluent une nouvelle fois. Les gains de productivité et d’efficacité restent le principal bénéfice perçu, mais reculent de 5 points ce trimestre.

La réduction des tâches manuelles, dont on pourrait s’attendre à ce qu’elle figure parmi les principaux bénéfices, recule chaque trimestre depuis le début de l’étude.

Graphique à barres appariées de la valeur apportée par l’IA aux équipes financières, T3 vs T2 2026. Productivité et efficacité 54,7 % (−5,0 pts), planification plus rapide 50,4 % (−3,6), précision et fiabilité de la planification 49,7 % (+3,0, seul bénéfice en hausse), qualité de la prise de décision 49,6 % (−1,2), plus de temps pour les projets stratégiques 42,3 % (−0,1), moins de tâches manuelles 41,3 % (−1,4), meilleure expérience de travail 29,7 % (−0,7), incertain ou pas encore d’impact 0,9 % (−0,7).

En revanche, la précision et la confiance dans les résultats de la planification ont progressé par rapport au trimestre précédent et se situent désormais presque au même niveau que les gains de productivité et d’efficacité. À mesure que les workflows sont optimisés et s’ancrent dans les pratiques, les équipes sont en mesure de mieux planifier, et pas seulement de planifier plus rapidement.
Du côté des obstacles, l’écart de compétences se réduit, mais la qualité des données reste un problème persistant.

Graphique à barres appariées des freins à un usage accru de l’IA dans la planification et les prévisions, T3 vs T2 2026. Qualité ou disponibilité des données 40,4 % (+0,1 pt, principal frein), coûts élevés 36,1 % (−2,9), ROI peu clair 27,6 % (+3,2), enjeux réglementaires ou de sécurité 26,1 % (−2,7), manque de compétences internes 25,0 % (−5,4, plus forte baisse), lenteur des achats ou du déploiement 22,9 % (+0,8), résistances culturelles 19,9 % (−0,7), manque d’adhésion de la direction 19,7 % (−0,2), résultats de mauvaise qualité 11,1 % (−1,3), aucun frein 14,3 % (+2,9).

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Les coûts constituent un obstacle moins important qu’on pourrait le penser, compte tenu du nombre d’entreprises qui dépassent leur budget. Seuls 36 % des répondants citent les coûts élevés comme un frein, soit une baisse de trois points, alors même que 83 % des utilisateurs de l’IA dépassent leur budget. Mais cela paraît finalement assez logique : jusqu’à présent, les dépassements de budget importants n’ont manifestement pas freiné les dépenses. Il est donc peu probable que les coûts soient considérés comme un obstacle par les équipes finance qui cherchent à tirer parti de l’IA.

À mesure que les politiques de gouvernance se renforcent, il est probable que ce chiffre augmente.

Impact sur la fonction finance

Les domaines dans lesquels l’IA dépasse les attentes

Les répondants sont extrêmement confiants quant au potentiel de l’IA. Pour chacune des tâches étudiées, ils sont plus nombreux à déclarer que l’IA s’est révélée « plus utile » que prévu que « moins utile ».

Sans surprise, l’IA est moins performante pour les tâches qui nécessitent un jugement humain, comme la planification par scénarios et la construction de modèles.

Graphique à barres divergentes de la part des répondants jugeant l’IA plus ou moins utile que prévu, par tâche financière, avec le solde. Budgétisation 49,9 % plus utile contre 7,8 % moins utile (solde +42), rapports et synthèses 48,1 % contre 10,2 % (+38), prévisions 44,2 % contre 10,5 % (+34), classification des données 43,9 % contre 11,9 % (+32), reporting interne 42,1 % contre 11,5 % (+31), analyse des écarts 41,0 % contre 12,6 % (+28), construction de modèles 38,7 % contre 11,4 % (+27), planification de scénarios 39,9 % contre 14,3 % (+26).

Transformer plutôt que réduire

Davantage d'entreprises déclarent que l'IA a augmenté leurs effectifs finance (32 %) plutôt qu'elle ne les a réduits (20 %). Le changement le plus courant concerne la nature même du travail : 36 % ont modifié le périmètre des postes existants, et 28 % ont créé de nouveaux postes en finance. Seules 12 % affirment que l'IA n'a pas encore entraîné de changements significatifs.

Graphique à barres de l’impact de l’IA sur les rôles, les effectifs et l’organisation de la fonction finance. Évolution du périmètre des postes 35,9 %, moins de recrutements 32,5 %, hausse des effectifs 31,5 %, postes refondus ou créés 27,7 %, recrutement de spécialistes IA ou données 27,7 %, transfert de tâches vers l’IA 23,5 %, plus de formation ou de reconversion 22,8 %, baisse des effectifs 19,7 %, plus de consultants externes 17,0 %, fusion d’équipes 15,3 %, transfert entre fonctions 14,2 %, pas de changement significatif 11,6 %.

Mais un tiers des entreprises (33 %) ont réduit le recrutement pour les postes désormais couverts par l'IA, une proportion qui se situe entre 30 % et 35 % dans presque tous les pays, toutes tailles d'entreprise et tous niveaux d'ancienneté étudiés. L'IA ne supprime pas beaucoup d'emplois existants en finance, mais elle réduit le nombre de nouveaux postes, en particulier les postes de débutants, où les futurs dirigeants financiers font leurs premiers pas.

On observe également un écart en matière de reconversion. Plus d'un tiers des entreprises ont modifié les responsabilités de leur personnel financier, mais moins d'un quart ont renforcé la formation.

La charge du reporting à destination des dirigeants

Les équipes financières consacrent beaucoup de temps à produire des rapports pour la direction. Le groupe le plus important (39 %) y consacre entre 21 et 40 heures par mois pour préparer des tableaux de bord et des rapports destinés aux dirigeants, et un répondant sur cinq (21 %) y consacre plus de 40 heures.

Graphique en colonnes groupées des heures mensuelles consacrées par l’équipe financière au reporting à la direction, ensemble des répondants vs grandes entreprises (plus de 20 000 salariés). Moins de 5 heures : 1,6 % vs 3,3 % ; 5–10 : 10,1 % vs 10,5 % ; 11–20 : 28,0 % vs 21,0 % ; 21–40 : 39,0 % vs 25,7 % ; 41–80 : 15,0 % vs 21,4 % ; plus de 80 : 5,6 % vs 17,6 %. Plus de 40 heures concerne 21 % de l’ensemble des équipes et 39 % des grandes entreprises. L’équipe type y consacre environ 32 heures par mois.

Cela représente environ 32 heures par mois pour une équipe type, soit près de dix semaines de travail par an. Au niveau des grandes entreprises, le tableau est encore plus sombre : 39 % y consacrent plus de 40 heures par mois, et 18 % plus de 80 heures.

Fait le plus surprenant, l'IA ne semble pas réduire cette charge. La génération automatique de rapports et de synthèses est pourtant l'une des tâches où l'IA a le plus dépassé les attentes (48 % la jugent plus utile que prévu).

Or, 30 % des entreprises les plus matures en matière d'IA consacrent plus de 40 heures par mois au reporting destiné aux dirigeants, contre 17 % des entreprises en phase de démarrage. Peut-être que lorsque les rapports deviennent plus rapides à produire, la direction en demande davantage.

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